Jardin sauvage

Oiseaux, insectes, amphibiens, ou encore renard, hérisson, fouine. Ces animaux pourtant courants se font de plus en plus rares dans les jardins. Et si vous pouviez accueillir toute cette faune chez vous ?

17 millions de français possèdent un jardin, soit plus d’un million d’hectares : la surface des jardins de notre pays est 4 fois plus grande que celle des réserves naturelles protégées ! Cela fait réfléchir à notre manière d’appréhender la nature dite « commune », que l’on voit tous les jours mais qui laisse la plupart d’entre nous indifférente !

Il est donc possible d’agir pour le vivant, à notre échelle, en regardant d’abord ce qu’il se passe devant nos fenêtres, et cela implique d’appréhender notre jardin comme une partie de la nature sauvage, qu’il faut respecter et dont il faut prendre soin. Cela attirera un cortège d’animaux, dont les hérissons, qui vous aideront à maintenir l’équilibre de votre petit coin sauvage ! Car accueillir la biodiversité dans son jardin, c’est aussi être paresseux, en limitant son travail et l’utilisation de pesticides, et en laissant la nature faire !

Voici donc quelques conseils pour favoriser la biodiversité dans votre jardin :

  • Avoir la main légère sur la tonte : toutes les plantes ne poussent pas aussi vite que les pissenlits ou les pâquerettes. Certaines ont besoin de temps pour pointer le bout de leurs pétales et une tondeuse sortie trop tôt va petit à petit appauvrir la diversité floristique. Ces mêmes fleurs qui attireront les insectes pollinisateurs, entraînant l’arrivée de leurs prédateurs et une chaîne va alors se mettre en place. Vous avez dit chaîne alimentaire ?
  • Ensauvager son jardin : ce mot peut faire peur. Mais laissez un tas de feuilles ou de branches au début de l’automne et vous verrez émerger au printemps des hérissons sortant d’hibernation !
  • Limiter l’utilisation des produits : ces hérissons sortis d’hibernation auront faim. Et quoi de mieux qu’une ou deux limaces (ravageurs de salades), quelques vers de terre (allié de la terre) et quelques insectes pour un délicieux repas ? Oui, à condition que ces animaux n’aient pas été préalablement empoisonnés aux granules anti-limaces ou aux herbicides ! Au jardin, tout est lié, et moins vous mettrez d’intrants, mieux la nature s’en portera !
  • Donner un léger coup de pouce : si vous habitez en zone urbaine, que vous avez un balcon ou un tout petit bout de jardin, pas facile de laisser des coins sauvages ! Vous avez alors la possibilité d’aider les insectes et mammifères à s’installer chez vous, en construisant un hôtel à insectes, un abri à hérisson ou encore en installant un point d’eau pour désaltérer tout ce petit monde !
  • Améliorer son sol : un sol sec est un sol peu vivant. Ce qui implique peu d’organismes comme les vers de terre, donc peu de prédateurs comme les hérissons… Bref, vous l’aurez compris, c’est un cycle vertueux que nous vous proposons d’accueillir chez vous ! Améliorer son sol, c’est donc le protéger, car un sol ne doit pas rester à nu. Vous avez donc de nombreuses solutions de paillages organiques (feuilles, foin, paille, herbe de tonte, broyat de branches, etc.) à votre disposition. Cela évitera la dessiccation du sol et donc la disparition de tous les organismes qui le compose !
  • Favoriser les espèces locales : renouée du Japon, berce du Caucase, ambroisie ou encore jussies sont des espèces exotiques qui ont été introduites pour l’ornementation. Elles sont devenues envahissantes (on parle d’espèces exotiques envahissantes EEE) et sont généralement peu utiles à la biodiversité, car les espèces de chez nous ne les connaissent pas. Privilégiez donc des espèces indigènes, qui font des fruits dont raffolent les oiseaux et une fois encore, la chaîne se mettra en place.
  • Composter ses déchets : cela peut paraître anodin, mais une épluchure par-ci, un trognon de pomme par-là, et c’est 80 kg/an/foyer de déchets organiques compostables qui finissent à la poubelle ! Alors qu’ils auraient pu être revalorisés au composte, au plus grand bonheur de vers de terres, collemboles, limaces, cloportes et autres insectes composteurs. Qui se feront à leur tour manger par les hérissons, les oiseaux, etc. mais ça, vous l’avez maintenant compris !

C’est donc parce que le jardin est un vrai écosystème où tout est lié que nous vous proposons un article sur la biodiversité dans le cadre de l’opération hérisson ! Sans un jardin au naturel, pas de hérissons ! Comment participer à l’opération hérisson ? C’est très simple : si vous voyez un hérisson, il vous suffit de le prendre en photo ou en vidéo et de renseigner votre observation ici.

Attention : le Hérisson d’Europe est une espèce protégée, qui bénéficie d’un statut de protection réglementé. Sont interdits par la loi : la destruction ou l’enlèvement des nids, la mutilation, la destruction, la capture, le transport, la détention, la vente ou l’achat (sauf spécimen légalement détenu) de l’animal (article L. 411-1 du code de l’environnement).

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